Mission solidaire auprès des femmes et des enfants au Mali

Ngnoc raconte son expérience de congés solidaires au Mali, en partenariat avec Planète Urgence.

 

Quelles ont été tes motivations pour partir en mission solidaire avec Planète Urgence ?

J’ai toujours été attiré par l’humanitaire, mais je ne me suis jamais résolue à abandonner mon travail, mes études, ma vie en France.

Quand la fondation PPR est venue présenter ses actions dans nos locaux, j’ai tout de suite eu envie de partir en congés solidaires. Comme je ne suis pas très à l’aise avec le bricolage et que j’avais vraiment envie de partager mes compétences, de faire découvrir à d’autres les savoirs que j’avais eu la chance d’acquérir, je me suis tournée vers Planète Urgence.

Ensuite, je voulais être en contact avec les deux populations les plus fragilisées, à mon sens, dans les pays en voie de développement : les enfants et les femmes. Voilà comment je me suis décidée à partir au Mali pour faire du soutien scolaire !

Comment l’association Planète Urgence t’a-t-elle aidée à préparer ton départ ?

Partir en congés solidaires, c’est faire le choix de partager le quotidien des habitants locaux et de leur apporter notre aide. Etant donné le décalage entre nos conditions de vie en France et les leurs, il faut se préparer à ne pas avoir l’eau courante, l’électricité, etc. Planète Urgence fait un très bon travail de sensibilisation : d’abord, l’association fait passer des entretiens pour s’assurer que la personne est psychologiquement apte à partir ; ensuite, elle nous convie à un séminaire de 2 jours pendant lequel elle nous donne tous les conseils d’hygiène, de santé (vaccins) et nous explique la culture et le mode de vie de notre destination. Quand je suis arrivée là-bas, j’étais prête et je me suis tout de suite sentie à l’aise.

Comment était organisée ta mission sur place ?

Tous les aspects pratiques étaient bien organisés. Planète Urgence a pour principe de travailler avec des partenaires locaux. Il n’y avait donc pas de personne de l’association sur place, mais l’hôtel où je logeais, à 10 minutes à pied de l’école où j’enseignais, fait partie d’un groupe hôtelier partenaire et un correspondant est venu me chercher à l’aéroport de Bamako. Il m’a indiqué le bus à prendre pour rejoindre Sévaré…et après, c’était mon aventure ! J’avais 10h de route de brousse et j’étais un peu anxieuse, mais tout de suite, les Maliens, très conviviaux, se sont mis à me parler. Quand je suis arrivée, je savais déjà saluer tout le monde dans le dialecte local, le Bambara !

Ngoc Minh a donné des cours de français et d'informatique à des familles au Mali Zoom Ngoc Minh a donné des cours de français et d'informatique à des familles au Mali 

Comment se sont passées tes relations avec les habitants du village, les élèves ?

Les habitants de Sévaré m’ont accueillie très chaleureusement, ils étaient même protecteurs ! C’est vrai qu’ils n’apprécient pas les touristes européens « traditionnels », les cicatrices de la colonisation sont encore là ; mais ils ont été touchés que je m’implique dans leurs activités : j’avais un emploi du temps très chargé !

A la base, ma mission consistait à donner des cours de Français : c’est la langue nationale officielle, mais elle est très peu utilisée, donc très mal maîtrisée. Tous les matins, nous lisions des textes et j’essayais de leur faire découvrir les autres modes de vie dans le monde. L’après-midi, je donnais des cours d’informatique : une salle nouvellement équipée grâce aux subventions d’une ONG m’a permis de leur apprendre à utiliser Internet, à envoyer des mails et à parler via le chat. Enfin, j’ai rencontré un groupe de femmes qui se lancent dans le commerce de confitures : avec les bénéfices, elles veulent apporter leur soutien à d’autres femmes et organiser des campagnes de lutte contre le sida. A partir de 17h, j’allais les aider à les confectionner, leur donnais des conseils d’hygiène et de conservation. Je les sensibilisais aussi à l’importance de la présentation du produit pour le vendre. Nous avons fait des petites affiches de publicité et tous les week-ends, j’allais sur les marchés avec elles pour leur montrer quelques techniques de vente que j’utilise chez PPR !

Es-tu prête à repartir ?

J’ai vraiment énormément apprécié le contact avec les Maliens : malgré leur misère, ils ont toujours le sourire et surtout, sont toujours prêts à partager ! J’ai découvert avec étonnement le principe de la vie polygame : la famille est le centre de leur vie, les différentes femmes se partagent les tâches et rient ensemble. Cette expérience d’une autre culture, fondée avant tout sur la convivialité, me permet aujourd’hui de relativiser mes petits soucis de la vie quotidienne.

Je garde contact via Internet, avec l’instituteur notamment, qui suit également le groupe de femmes et je continue à donner des conseils. J’aimerais repartir, et donner envie à d’autres collaborateurs de partir … et pourquoi pas, dans quelques années, m’investir dans un projet humanitaire sur une plus longue durée ?!

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